Le pont sur la voie lactée (conte)

Photo A.Donsimoni


D'après une légende Chinoise autour du Bouvier et de la Tisserande.



Il y a fort longtemps, presque à la nuit des temps, vivait dans le royaume du ciel, commandant aux étoiles et aux planètes, un empereur et son épouse, père et mère du ciel.

Le couple avait sept filles, toutes aussi belles les unes que les autres. Mais la plus jeune était la plus belle, la plus intelligente et la plus vive. Elle tissait si merveilleusement les nuages que son père et sa mère étaient très fiers d’elle.
Le palais du ciel resplendissait de ses ouvrages. 

Depuis son plus jeune âge, la Tisserande passait son temps libre à observer la terre et sur la terre les hommes. Ils la fascinaient, mais elle ne les aimait pas beaucoup, ils étaient trop belliqueux et trop menteurs.

Or, sur terre vivait un jeune bouvier d’une beauté n’égalant que son courage et sa vertu. Devenu orphelin très jeune, il avait été contraint de vendre tout son héritage et il ne lui restait qu’un bœuf avec lequel il travaillait sans relâche, mais il restait fort pauvre.
Pourtant, jamais la princesse du ciel ne l’avait entendu se plaindre. Il gardait le sourire envers et contre toute mauvaise fortune, ne se battait jamais et ne connaissait pas le mensonge.

Elle l’observa chaque jour durant un certain temps et, vers la fin, on raconte qu’elle se dépêchait de terminer de plus en plus vite son ouvrage pour aller l’observer, ainsi sans y prendre garde elle s’attacha à lui.

Un jour, elle décida de lui venir en aide, comme elle avait les pouvoirs d’une déesse, cela lui était facile. Alors, elle traversa le ruisseau qui séparait la terre du ciel, pour le rejoindre. Dès leur premier regard leurs cœurs furent conquis, on raconte que le ruisseau se mit à chanter des notes claires comme du cristal, que les étoiles du ciel qui à cette époque brillaient en plein jour, se mirent à frémir et que les brumes du matin se dissipèrent si rapidement que l’empereur du ciel en fut alerté.

Lorsqu’il vit sa fille, de l’autre côté du ruisseau, avec le bouvier, ce traîne misère, il se mit en colère. Il fit immédiatement enlever la princesse par ses gardiens célestes puis il transforma le  ruisseau qui séparait la terre du ciel en un fleuve impétueux et  infranchissable afin de les  séparer à jamais. C’est ainsi que naquit la voie lactée, que les étoiles ne brillèrent plus que la nuit et que la Terre se sépara définitivement du Ciel.

Mais la Tisserande, Véga et le Bouvier, Altaïr, se mouraient un peu plus d’amour et de chagrin chaque jour.

La reine, émue du sentiment si fort qui les unissait, réussit à infléchir son terrible époux, ainsi il fut établi que le septième jour du septième mois de l’année chinoise ils auraient le droit de se revoir. Ce jour-là, les pies forment un pont permettant aux amoureux de se rejoindre.
Alors le ciel et la terre sont en telle joie que le qi du ciel et le qi de la terre dansent pour fêter leur retrouvailles.


Cette légende s’applique au qi gong, lorsque la langue se colle contre le palais et qu’elle réunit les deux méridiens principaux, on dit que l’on fait le Pont des Pies.

Le Du mai situé dans le dos, méridien yang –le bouvier-  et le Ren mai situé sur le devant du corps, méridien yin – la tisserande, s’unissent par la langue -le pont des pies- ainsi l’énergie peut-elle circuler librement dans tous le corps.

Comme il se doit avec les légendes, j’ai pris un peu de liberté, mais cela est normal, un conteur ne répète jamais, il réinvente.
 D'ailleurs cette histoire, telle que je vous l'ai contée,  suit l'adage comme quoi "tout ce qui est en haut est comme tout ce qui est en bas", et vous pouvez la vérifier, elle est inscrite dans le ciel.

©Adamante Donsimoni (sacem)

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